Café littéraire du 28 novembre 2011

quelle effervescence aujourd'hui!

Alors Laura a adoré la trilogie Casse Pierre, un roman historique de Martin qui relate les aventures d'un compagnon tailleur de pierre... certainement une prochaine acquisition du CDI, en attendant il est disponible à la bibliothèque municipale.

" La XIIIe centurie Paris, 1830. Plusieurs crimes à la flèche empoisonnée endeuillent la Bibliothèque du Roi. Des lettres de Catherine de Médicis disparaissent. Une correspondance secrète avec Nostradamus semble être au coeur de cette énigme, dont une mystérieuse XIIIe centurie. Casse-Pierre, jeune tailleur de pierre et compagnon du Tour de France, s’empare de l’affaire et compte bien la résoudre. Suivra- t-il les conseils de Charlotte, cartomancienne à l’étrangeregard mauve ou succombera-t-il au chantage de Casimir Loupin, surnommé le Tortionnaire, successeur de Vidocq à la direction de la sûreté." 

Nous avons eu la visite de Mme Carlini les bras chargés de livres: elle nous propose des auteurs venus du Nord: Le jour d'avant le Lendemain de Jorn Riel (pages roses au éditions Gaïa): Groënland 1860, une grand-mère se retrouve sur une île avec son petit fils pour le séchage du poisson.....que vont-ils devenir sur cette île?C'est à la fois un roman initiatique et un roman qui nous parle d'un monde entrain de disparaître.

L'écrivain danois Jørn Riel a passé seize ans au Groenland. Ses « racontars », récits fabuleux à l'humour bien trempé, sont lisibles par les adultes comme par les plus jeunes. Ce conte, publié ici en grand format, est illustré d'huiles lumineuses d'Olivier Desvaux. Il met en scène une vieille femme inuite et son petit-fils, perdus dans le désert glacial d'une froideur bleutée... Quand l'âpreté du destin et la tendresse se mettent à guerroyer, le Grand Nord devient source d'universalité. Et Jørn Riel déborde d'énergie, d'imaginaire, de générosité."

texte-v2008

Martine Laval

Telerama n° 3075 - 20 décembre 2008

Elle nous propose également unouvrage d'un auteur lithuanien, Yaouzas Baltouchis, d'un abord un peu ardu, mais passionnant une fois passées les premières pages: La Saga de Youza. Parce qu'il ne peut pas épouser la jeune fille qu'il aime, Youza s'exile dans les marécages où il apprend à vivre en autarcie...

"Youza regardait de tous ses yeux. Les lourdes et volumineuses grappes de fleurs que le gel n’avait pas encore touchées flamboyaient d’une rutilance de flamme vive, elles ployaient jusqu’au sol tant que, parfois, un chaton venait effleurer la neige et, s’embrasant, ne la léchait pas de carmin clair, mais brûlait d’une lave pareille à celle, épaisse et sombre, et vivante, du sang.
Sans mot dire, Youza ôta sa chapka, resta longtemps immobile, tête nue, comme s’il n’avait pas été dans une forêt, mais à l’église. Un frisson le traversa.
Les paroles du grand-père Yokoubas lui revinrent en mémoire : « Il appelle le sang . »

Voilà bien longtemps que Yokoubas avait dit cela. Bien des années. A l’époque, Youza, encore tout petit, blotti contre la jambe du grand-père et cramponnant sa main de toutes ses forces, regardait les yeux écarquillés cette chose fabuleuse : un osier pourpre en fleur. En fleur au cœur de l’hiver. En fleur comme aujourd’hui.

Pas tout à fait comme aujourd’hui. Cette autre fois, l’osier pourpre avait fait éclater ses boutons en une cascade de fines gouttelettes, il s’était paré d’une myriade de perles pourpres, petites comme des grains de chapelet, et c’était tout. Pourtant, même cette fois-là, le grand-père Yokoubas avait dit : « Il appelle le sang, souvenez-vous de ce que je vous dis, les enfants. »

Et le vieux ne s’était pas trompé. Dès l’été suivant, le premier été après l’hiver de l’osier ensanglanté, la guerre s’était abattue sur les gens. Abattue bien loin de là. Loin là-bas où les Japonais voulaient s’emparer des terres du tsar. Bien loin. Mais on mobilisait tout de même les hommes de par ici. De partout. Et le plus costaud, les plus travailleurs, en pleine santé, dans la fleur de l’âge. La guerre faisait la fine bouche. Elle ne prenait pas les premiers venus, elle sélectionnait, triait sur le volait. Et de ceux qu’elle élut, elle n’en laissa pas revenir beaucoup. Très peu même ? Et ceux qu’elle laissa revenir, ce fut avec un bras en moins, ou une jambe, ou crachant leurs poumons en étouffant, ou le ventre tordu par le typhus. Ceux-là, c’est une fois rentrés à la maison qu’ils se couchaient dans leur cercueil, les mains jointes comme il faut sur leur poitrine. Et les gens les pleuraient dans les hameaux et les métairies solitaires. Quel déluge de sang les fleurs de l’osier n’avaient elles pas fait couler cette fois-là.

Et pourtant, cette fois-là, l’osier n ‘avait fleuri qu’en minuscules perles rouges.

« Combien de sang les fleurs d’aujourd’hui ne vont-elles pas faire couler ? » se dit Youza, serrant dans son poing sa chapka.

A partir de ce jour, Youza se leva chaque matin longtemps avant l’aube… »

et encore un auteur venu du froid:   Herbjorg Wasmo pour  L'Histoire de Dina.

"En Scandinavie d’où elle vient, cette éternelle romantique née en 1942 est célébrée à l’égal de son compatriote Knut Hamsun (1859-1962). En vingt ans d’écriture, Herbjørg Wassmo est devenue le porte-parole des hommes et des femmes du Nordland, terre désolée située tout là-haut, à la pointe nord de la Norvège. Etonnants chauds et froids faits de désirs violents et de puritanisme, ses romans flamboyants mettent en scène des personnages (surtout féminins) excessifs et passionnés, qui ressemblent comme des frères aux vagabonds magnifiques de Hamsun. Après La Trilogie de Tora, elle connaît un grand succès avec Le Livre de Dina, personnage qui a rejoint les plus grandes héroïnes de la littérature. Suite de la trilogie Le Livre de Dina, Le Fils de la providence dépeint la chronique peu ordinaire de Benjamin, son fils. L’oeuvre de Herbjørg Wassmo - romans, livres pour enfants, poésie, théâtre - est traduite en de nombreuses langues, et inscrite aux programmes scolaires et universitaires en Norvège.

Est-ce que c'est Noël qui approche? ces grands territoires gelés et sauvages m'évoquent l'écrivain Karen Blixen: Le dîner de Babette ou le plus récent roman du Finlandais Paasilina : Le lièvre de Vatanen, l'histoire d'une rencontre improbable et humoristique entre un journaliste et un lièvre...

Emma partage avec nous sa lecture du moment: le roman d'anticipation Le meilleur des Mondes de Aldous Huxley...et Mme Calvez nous conseille un recueil  de nouvelles plus récent : Les Oliviers du Négus de Laurent Gaudé, un régal: " Le dernier roman de Laurent Gaudé est composé de quatre nouvelles dont le thème principal est essentiellement celui de la mort.
Ainsi sont déclinés quatre destins d'hommes qui ne se connaissent pas mais qui ont un point commun, celui de fouler les terres de Rome."

Les titres et les souvenirs de lecture fusent, j'arrête de prendre des notes, il faut en laisser pour la prochaine fois, on vous attend pour un petit thé (ou café) en bonne compagnie!

C.Brizard

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par CAROLINE BRIZARD le 27 nov. 2012 à 09:56

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