L'euthanasie

 Le 25 janvier dernier, la proposition de loi sur l'euthanasie a été évincée par le Sénat. Nous avons trouvé intéressant de faire le point sur ce sujet.

L’euthanasie désigne l’acte médical consistant à provoquer intentionnellement la mort d’un patient afin de soulager ses souffrances physiques ou morales considérées comme insupportables, soit en agissant à cette fin, soit en s’abstenant d’agir pour le sauver. On distingue l'«euthanasie active» de l'«euthanasie  passive». L’euthanasie doit être différenciée du «suicide médicalement assisté» qui consiste, pour le corps médical, à donner au patient les moyens de mettre fin à sa vie.

Le choix de l'euthanasie est impossible en France. Certaines personnes décident parfois de se tourner vers l'étranger.
L'euthanasie active est légale dans seulement 3 pays du monde : aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg. L'euthanasie passive et/ou le suicide assisté sont reconnus en France, en Espagne, en Suisse, en Allemagne, en Slovénie, en Hongrie, en Norvège, en Suède, en Finlande, et dans quelques Etats des Etats-Unis (Oregon, Washington) ainsi qu'au Mexique.

 

Etudes de cas :

Le 24 septembre 2000, Vincent Humbert est victime d'un accident de la route qui le laisse tétraplégique, aveugle et muet, tout en étant totalement lucide. Les paupières cousues, communiquant avec sa mère par le pouce, il écrit une lettre à Jacques Chirac en 2002, lui demandant le droit de mourir. Devant le refus de tous, sa mère, Marie, lui injecte des produits létaux (qui donnent la mort doucement) le 24 septembre 2003. Mais les médecins parviennent à sauver le jeune homme. C'est finalement son docteur, le docteur Chaussoy, anesthésiste-réanimateur, qui l'aide à mourir deux jours plus tard. Mis en examen, la mère et le docteur Chaussoy bénéficient d'un non-lieu en 2006. Au grand regret de Marie Humbert, qui voulait profiter de ce procès pour porter le débat sur la place publique.

 

L'histoire de Rémy Salvat est sans aucun doute l'une des plus marquantes. Le jeune homme, tétraplégique, s'est suicidé suite à une réponse négative du Président de la République à une de ses lettres. Dans celle-ci, il exposait son souhait le plus profond : légaliser l'euthanasie.

Rémy s'exprimait dans cette lettre au nom de tous les malades dans son cas, et demandait son droit naturel de mourir dignement.

 

Aujourd'hui, l'euthanasie pourrait être une solution ultime à la douleur. Mais elle pose un problème éthique à certaines personnes, notamment aux médecins, qui à la fin de leurs études prononcent le serment d'Hippocrate, lequel exige d'eux de toujours essayer de sauver la vie des gens qu'ils soignent.

D'autre part, si la loi était votée sans garde-fou, les abus pourraient être nombreux et des patients pourraient être euthanasiés à tort par des gens pas très scrupuleux. De plus, dans un pays comme la France, où certains se sont battus pour faire abolir la peine de mort, l’euthanasie fait resurgir la question du droit de vie ou de mort sur autrui.

Sauf qu'ici, la complexité du débat est due au fait qu'on veut sio-même avoir le droit de décider de vivre ou de mourir.

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le 09 avr. 2013 à 09:44

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